Rarement, on aura vu un nouveau fléau s’installer aussi vite dans le paysage de l’insécurité routière. Téléphoner le mobile à la main a été interdit en France en mars 2003. Ce n’est pas moins, déjà aujourd’hui le troisième facteur de risque routier.
Avec l’arrivée des smart-phones, le téléphone mobile retrouve une nouvelle jeunesse commerciale. Leur développement est en effet explosif. En 2010, ils ont représenté près de 30% des mobiles vendus en France. Et on estime déjà le nombre de leurs propriétaires à près de 10 millions.
En quelques années, à, mesure que s’est développé le marché du téléphone portable, ce dernier s’est invité en voiture, à moto, à vélo,... Toutes les études scientifiques, françaises et étrangères, démontrent l’existence d’un lien entre le fait de téléphoner en conduisant et le sur-risque d’accident. Les conducteurs qui téléphonent en conduisant ont 5 fois plus de risque d’avoir un accident. Ce risque est indépendant du type de téléphone utilisé, qu’il soit tenu en main, équipé d’une oreillette ou muni d’un kit mains libres. Le nombre d’accidents pourrait être réduit de 7 à 8% si aucun conducteur ne téléphonait au volant.
Tout mobile, même le plus ancien, peut recevoir et envoyer de banals SMS. Les conducteurs français ne s’en privent d’ailleurs pas... même si 90% d’entre eux reconnaissent que c’est dangereux ! Un sur six en envoie ou en consulte. Et ce n’est qu’une moyenne. La pratique est ainsi beaucoup plus répandue chez les jeunes : 34% des 25-34 ans s’y adonnent et 39% des moins de 25 ans. Cela signifie que chacun(e) d’entre eux quitte la route des yeux pendant un temps qu’a l’aune du risque encouru il faut bien qualifier d’interminable...
téléphoner n’est pas conciliable avec la conduite. Dès la sonnerie, la concentration du conducteur est détournée de la route. Près de la moitié des conducteurs décroche son téléphone portable dans les deux secondes et donne ainsi la priorité à cette tâche.
Parce que l’on conduit avec ses mains mais beaucoup avec sa tête, l’usage du kit mains libres est aussi dangereux que l’usage d’un téléphone tenu en main. Même avec in kit mains libres, une partie importante de l’attention du conducteur est captée par la conversation téléphonique. De nombreuses études scientifiques, notamment L’INRETS dès 2003, ont ainsi prouvé que la concentration du conducteur sur la route et son environnement diminuait fortement pendant une conversation, que le téléphone soit tenu en main ou avec un kit mains libres.
Par conséquent, pendant la conversation téléphonique, le comportement du conducteur change : l’attention portée à la conduite diminue, que le conducteur ait ou non l’habitude d’utiliser un portable et quel que soit son âge. Lors de la communication, le conducteur se focalise sur le devant de la route, regarde moins souvent dans ses rétroviseurs et sur les côtés de la voiture, fait moins attention à la signalisation et aux autres usagers en oubliant de s’arrêter au passage piéton.
Le véhicule tend à ralentir légèrement et à zigzaguer : il franchit la ligne médiane plus souvent.
En cas d’imprévu, le temps de réaction augmente de 50% en moyenne, que le téléphone soit tenu en main ou avec une oreillette. La distance d’arrêt est donc plus grande et le choc plus violent.
Rédiger un texto, c’est ce que faisait cette conductrice suisse sur l’autoroute A40 en Haute-Savoie, le 7 juin 2003. Toute à sa tâche, elle néglige le fourgon de CRS qui roulait devant sa propre voiture et le percute; Bilan, deux agents tués et deux autres grièvement blessés ! Une seconde d’inattention peut avoir des conséquences terribles. À 50 km/h, on parcourt 14 m pendant ce laps de temps. Conduire requiert au contraire une concentration permanente pour traiter et interpréter un grand nombre d’informations. Or, le conducteur occupé au téléphone devient une sorte de zombie au volant. Certes, il ne roule pas nécessairement vite. En revanche, il peut changer de direction au dernier moment, négligeant de s’assurer de l’absence de danger derrière lui et omettant, en prime, de mettre son clignotant !
Pour l’Observatoire de la sécurité routière, le mobile est désormais une cause majeure de distraction des conducteurs : sur les 13 000 km parcourus par un conducteur moyen en une année, 300 le sont en pleine conversation téléphonique ! Et ses experts imputent au seul téléphone tenu en main 6 à 7% de l’ensemble des accidents corporels; Ce qui place d’ores et déjà ce fléau d’aujourd’hui à la troisième place dans la hiérarchie des facteurs de risque, derrière l’alcool et la vitesse.
Ce que dit le code de la route
L’usage d’un téléphone tenu en main au volant est formellement interdit.
Le contrevenant s’expose à une amende de 35 € et au retrait de 2 points de son permis de conduire. Les cyclistes risquent la même amende, mais pas de retrait de points.
Concernant le kit mains-libres, son usage n’est pas interdit par le code de la route. Toutefois, même avec un kit mains libres ou une oreillette, la responsabilité du conducteur en cas d’accident peut être retenue au motif qu’”il doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manoeuvres qui lui incombent” (article R.412-6).
Conseils et astuces !
Pour ne conserver que les aspects positifs du portable, il est impératif de respecter quelques règles de sécurité.
• Ne téléphonez jamais si vous conduisez.
• De préférence, éteignez votre téléphone avant de partir, ou mettez-le sur messagerie (ou sur mode vibreur). Au volant, ne répondez jamais au téléphone. Certains professionnels jugent indispensable dans le cadre de leur travail de pouvoir être joints à tout moment, même au volant. Mais on doit se poser certaines questions : puis-je intégrer différentes sonneries pour savoir qui appelle ? Quel est le degré d’urgence des appels ? Est-ce le meilleur moment pour prendre une décision ?
• Si vous êtes accompagné, demandez à un passager de répondre à votre palce.
• Pour passer un coup de fil ou récupérer vos messages, arrêtez-vous dans un milieu adapté. C’est-à-dire ni sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, ni en double file ou au feu rouge en ville.
• N’écrivez jamais de SMS.
• Si vous téléphonez à quelqu’un et vous apercevez qu’il est volant, mettez fin de vous-même à la conversation.
Rubrique proposée par :
Allianz Assurance, Daniel Graiz
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